Faiblesses du Chablais

Dépourvue d'axes de communications rapides avec le Genevois français et la Suisse, très présents dans le tissu économique, la grande industrie n'a pas été un facteur particulier de création et de développement du secteur de la PMI. Les PMI présentes appartiennent également à des secteurs d'activités divers, sans connexion entre eux. Le Chablais est sous industrialisé par rapport au reste du département et de la région (l'industrie représente 23,9 % de l'emploi dans le Chablais et 31,4 % en Rhône-Alpes et tend à régresser) et les grandes entreprises d’implantation récente ne font pas les investissements nécessaires pour maintenir leur activité dans le temps.
L'abandon du projet de desserte autoroutière maintient la saturation de l'axe routier principal et l'effet d’enclavement. Cet abandon porte préjudice aux activités de production qui ont plus de difficultés à couvrir leurs besoins de main-d'œuvre. Même si le chômage dans le Chablais remonte fortement (+ 8% entre août et septembre avec près de 3000 inscrits) dans un département qui s’enorgueillit d’une baisse spectaculaire sur cette même période, cela n’inquiète pas les décideurs. Ont-il décidé de sacrifier le Chablais sur l’autel de la réussite d’autres localités du département ?
Mais la proximité de la Suisse, la mise en place des accords bilatéraux ont créé un nouveau métiers à temps plein : le frontalier. Un peu comme si le citoyen français cherchait à s'éloigner des 35 heures / 5 semaines de congé / retraite à 60 ans (pour quelques mois encore). Le risque : au moindre coup de vent de l'autre côté de la frontière et ces bataillons rejoindront les chômeurs. . Le risque d'un tel accident existe mais la probabilité est largement plus faible que de ce côté-ci de la frontière. Nous voici donc en face d'un élément à la fois faiblesse (nous dépendons des voisins) et force (nos voisins ont besoin de nous).
En ce début de 2006, près de 8500 chablaisiens traversent la frontière chaque jour. Ce qui fait tout de même près de 14% d'augmentation en un an...Et un risque de fermeture des frontières puisque les "bilatérales" ont généré un droit à limitation. Comme les Français l'ont fait (avec encore plus de brutalité) pour nos voisins d'Europe Centrale. Egaux, mais différents...
Face à ce déferlement de frontaliers, toujours les mêmes hommes (et femmes) en bleu : les douaniers. Ils sont les gardiens d'une frontière qui n'existe pas..Derniers remparts d'une civilisation perdue fondée sur la méfiance et le contrôel tatillon. Heureux hommes, malheureux chablaisiens traités comme des voleurs... Ces contrôles aussi inutiles que coûteux affaiblissent l'image de la région.
L'impact d'une activé transfrontalières élevée sur l'économie locale n'a pas que des avantages : le niveau de revenus obtenus chez nos voisins accentue la hausse des prix de l'immobilier et pose question pour les jeunes générations.
Enfin, l'accroissement du chômage chez nos voisins (le canton de Genève avec 7,2% de chômeurs en février 2006 affiche le double de chômage du reste de la Suisse) pourrait induire des réflexes de rejet par nos amis Suisses et entrainer une application stricte des accords bilatéraux.