La Presqu'île du Chablais
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Difficile de dire mieux... La récente mise en service de l’autoroute A 41 entre ANNECY et GENEVE met cruellement en évidence, par comparaison, l’état de quasi abandon des relations entre le CHABAIS d’une part, le reste de la France et la Suisse, d’autre part. On peut désormais choisir entre DEUX itinéraires autoroutiers pour se rendre d’Annecy à Genève : l’un desservant le Nord de l’agglomération genevoise, l’autre le Sud. A l’opposé, les communications depuis ou vers le Chablais, de quelque côté qu’on les observe ou qu’on les utilise, demeurent éternellement déplorables et, à certains moments, franchement indignes. De ce point de vue, le Chablais ressemble à une presqu’île. Sur 180 degrés sa frontière est un lac, et sur l’autre moitié la montagne. A l’exception d’un isthme où passent une relation routière largement thrombosée et un service ferroviaire dont les graves déficiences ne sont plus à compter (ni à conter d’ailleurs). Si, au moins, un des deux services – le routier ou le ferroviaire – était performant, les observations qui suivent se justifieraient peu, voire pas. Les handicaps nés de cette situation sont naturellement très pénalisants. Qu’on en juge :
Dans le département de la Haute-Savoie, par comparaison avec le Genevois, le Faucigny ou l’Annécien, pourquoi c’est dans le Chablais qu’il y a le moins d’entreprises, le moins d’artisans, le moins de salariés du secteur privé ? Imagine-t-on aujourd’hui la vallée de l’Arve, comme le Genevois, sans l’Autoroute Blanche, Annecy sans ses grandes infrastructures de transport, tant au Nord qu’au Sud de l’agglomération ? Pourtant, il y a quarante ans, la Haute-Savoie n’avait aucun kilomètre d’autoroute. Seul le Chablais peut témoigner aujourd’hui de ce passé, toujours illustré sur son territoire ! Il y a trente ans des projets de desserte ont commencé à être étudiés. Il y a vingt ans ils se sont matérialisés dans des plans qui ont tous suscité, les uns après les autres, des contestations ou des oppositions picrocholines. Il y a dix ans – précisément - un schéma de « désenclavement » est enfin arrêté après une concertation vraiment très large. Presque tous les acteurs chablaisiens s’y rallient enfin. Un calendrier et un« Comité de suivi » (sic) sont mis en place. Depuis lors, seuls les huit kilomètres du contournement de Thonon ont été réalisés. Les représentants de l’Etat parlaient à l’époque de la nécessité d’une « concordance des temps et des travaux » entre ce contournement et la liaison jusqu’à l’A 40. Aujourd’hui, nous savons et voyons ce qu’il en est. Et ces représentants ne sont plus là pour répéter leurs affirmations et leurs promesses ! Au moment où le Président de la République et le gouvernement engagent un ambitieux plan de relance devant « accélérer les investissements structurants », au nom de quoi le Chablais en a-t-il été exclus ? A-t-il vocation à subir une « double peine », à être éternellement puni ? Christian VULLIEZ
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